21 septembre 2026

Domaine Matteri clôture ses premières vendanges

Domaine Matteri clôture ses premières vendanges

Domaine Matteri clôture ses premières vendanges : une récolte généreuse, et les premiers signaux d'une viticulture plus résiliente Hyères, lundi 21 septembre 2026. Le Domaine Matteri, AOP Côtes de Provence, engagé dans une trajectoire de viticulture bio-régénératrice, achève son premier cycle de vendange complet depuis la reprise du domaine par Micellium. Une récolte abondante malgré un été marqué par des extrêmes climatiques, et un premier terrain d'observation pour la transformation engagée sur le domaine.

CP vendanges

 

Un millésime sous tension climatique

Le millésime 2026 illustre les nouveaux défis climatiques auxquels doit désormais faire face la viticulture provençale. La saison a été marquée par une forte accélération du cycle végétatif de la vigne, et par des conditions estivales particulièrement chaudes et sèches.

Après un hiver bien arrosé — précipitations importantes entre janvier et mars —, la situation s'est rapidement inversée : les pluies se sont raréfiées au printemps, tandis que les températures dépassaient les normales saisonnières, notamment en juin. Juin et juillet ont ensuite été marqués par des conditions caniculaires, accompagnées de symptômes visibles de contrainte hydrique dans les vignes.

Cette évolution s'est accompagnée d'une précocité particulièrement marquée : débourrement engagé dès mars sur les Tibouren, premières fleurs observées à la mi-mai, fermeture des grappes généralisée dès fin juin. Plus significatif encore, dès le 7 juillet, certaines baies de Tibouren atteignant même la mi-véraison. Les rares pluies estivales — 8 mm le 12 juillet, 13 mm le 20 juillet — ont constitué des apports précieux dans un été particulièrement sec.

Pour le domaine, ces observations renforcent la nécessité d'adapter dès aujourd'hui le vignoble aux conditions climatiques de demain : gestion de l'eau et de l'enherbement, fonctionnement des sols, choix des cépages et résilience globale des parcelles sont plus que jamais au cœur de la stratégie viticole.

« Nous n'essayons pas seulement de produire le prochain millésime. Notre ambition, c'est de commencer à construire un vignoble capable de tenir dans les conditions climatiques des vingt ou trente prochaines années. » Patrice Lucas, Fondateur Micellium.

Une récolte en nette progression, sous irrigation raisonnée

Un rendement moyen en forte progression de près de 25% ! Cette récolte a été conduite avec une irrigation raisonnée volontairement modérée (40 mm/ha), et un programme de régénération grâce à la décompaction des sols, l'apport massif de composts et des semis de couvert végétaux qui ont permis un bon stockage de l'eau sur l'hiver. En millésime sec, elle a permis de maintenir une vigne en bonne santé végétative sans compromettre la qualité du raisin.

« Les qualités sont très belles cette année, avec de bons équilibres malgré la chaleur, une aromatique tout en finesse et des raisins particulièrement sains », résume Matthieu Chazalon qui accompagne le domaine sur le travail au sol et à la vigne.

Les cépages oubliés, une réponse concrète au dérèglement climatique

Le changement climatique pose un problème précis à la viticulture : la hausse des degrés s'accompagne d'une perte d'acidité, qui menace la fraîcheur et l'équilibre des vins. C'est précisément sur ce terrain que les cépages patrimoniaux du domaine — quasi disparus de Provence, réintroduits pour leur lien avec le territoire — démontrent cette année tout leur intérêt.

• Rousseli : une récolte généreuse, beaucoup de jus, et un degré naturel remarquablement bas (10°) ;

• Aubun : un degré qui reste modéré à pleine maturité malgré les fortes chaleurs ;

• Mourvaison et Tibouren : une bonne adaptation aux extrêmes climatiques de la saison, avec une acidité préservée malgré la chaleur ;

• Muscardin : fraîcheur et finesse au rendez-vous, confirmant sa vocation pour la cuvée effervescente Perles Salines.

« Chacun de ces cépages, à sa manière, offre une option intéressante face au climat de demain. Nous essayons d'exploiter au mieux cette palette », précise Aurélien Juan, Maître de Chai du Domaine.

Une démonstration en cours, pas encore une preuve

Cette récolte s'inscrit dans la trajectoire de transformation du Domaine Matteri vers une viticulture bio-régénératrice, engagée dans le cadre du Programme Symbiose développé par Micellium. L'objectif : démontrer, données à l'appui plutôt que par le discours, que des sols vivants produisent des vins plus complexes et plus typés — une trajectoire jalonnée d'indicateurs mesurés (PADV, matière organique, séquestration carbone) et de certifications à venir (A Greener World fin 2026, Bio en 2028).

Sur le lien entre cette belle récolte et les premiers effets du changement de pratiques, l'équipe du domaine garde toutefois la mesure : « Il est encore un peu tôt pour l'affirmer, et même si les rendements ont progressé, il faudra mesurer cette résilience année après année. Les domaines en régénération avec lesquels nous avons pu échanger montrent généralement une meilleure stabilité de production que la moyenne, plus exposés aux extrêmes climatiques. C'est ce que nous chercherons à vérifier, saison après saison », conclut Olivier Lamote qui pilote le plan de transformation du Domaine.

À propos du Domaine Matteri

Entre collines et mer, aux portes des îles d'Or, le Domaine Matteri est une propriété AOP Côtes de Provence engagée dans la démonstration qu'une viticulture bio-régénératrice produit des vins plus complexes et plus typés. Le domaine cultive un conservatoire ampélographique vivant unique en Provence, sur 7 terroirs et 25+ cépages au service d'une identité : des sols vivants, un conservatoire de cépages oubliés, des vins de Provence.

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